Dorante. à la fin j'ai quitté la robe pour l'épée : l'attente où j'ai vécu n'a point été trompée ; mon père a consenti que je suive mon choix, et j'ai fait banqueroute à ce fatras de lois. Mais puisque nous voici dedans les Tuileries, le pays du beau monde et des galanteries, dis-moi, me trouves-tu bien fait en cavalier ? Ne vois-tu rien en moi qui sente l'écolier ? Comme il est malaisé qu'aux royaumes du code on apprenne à se faire un visage à la mode, j'ai lieu d'appréhender... Cliton. Ne craignez rien pour vous : vous ferez en une heure ici mille jaloux. Ce visage et ce port n'ont point l'air de l'école, et jamais comme vous on ne peignit Bartole : je prévois du malheur pour beaucoup de maris. Mais que vous semble encor maintenant de Paris ? Dorante. J'en trouve l'air bien doux, et cette loi bien rude qui m'en avoit banni sous prétexte d'étude. Toi qui sais les moyens de s'y bien...
Description:
Dorante.
à la fin j'ai quitté la robe pour l'épée : l'attente où j'ai vécu n'a point été trompée ; mon père a consenti que je suive mon choix, et j'ai fait banqueroute à ce fatras de lois.
Mais puisque nous voici dedans les Tuileries, le pays du beau monde et des galanteries, dis-moi, me trouves-tu bien fait en cavalier ?
Ne vois-tu rien en moi qui sente l'écolier ?
Comme il est malaisé qu'aux royaumes du code on apprenne à se faire un visage à la mode, j'ai lieu d'appréhender...
Cliton.
Ne craignez rien pour vous : vous ferez en une heure ici mille jaloux.
Ce visage et ce port n'ont point l'air de l'école, et jamais comme vous on ne peignit Bartole : je prévois du malheur pour beaucoup de maris.
Mais que vous semble encor maintenant de Paris ?
Dorante.
J'en trouve l'air bien doux, et cette loi bien rude qui m'en avoit banni sous prétexte d'étude.
Toi qui sais les moyens de s'y bien...