Roberto Zucco suivi de Tabataba – Coco

Koltès, Bernard-Marie

Book 6212 of Epub commercial

Language: French

Publisher: Minuitt

Published: Apr 26, 2014

Description:

Je suis le meurtrier de mon père, de ma mère, d’un inspecteur de police et d’un enfant. Je suis un tueur.

 

Roberto Zucco est la dernière pièce de Bernard-Marie Koltès, mort du sida en 1989. Inspirée d’un fait divers réel, la pièce retrace l’errance du tueur en série italien Roberto Succo, quelques jours entre le moment où il s’échappe une première fois de prison, à sa mort.

 

Cette pièce est d’une richesse incroyable, tissée de références plus ou moins évidentes. Il y a de la tragédie grecque dans la trajectoire de Zucco, dont on ne cesse de se demander s’il est monstrueux, humain, fou, ou on ne sait quoi ; quel qu’il soit, on sent peser sur lui la fatalité tragique, quelque chose d’Oreste peut-être, quelque chose en tout cas qui dépasse l’humanité ordinaire dans sa démesure. Mais il y a aussi du Shakespeare, quelque chose d’Hamlet et la scène d’exposition est une évidente réécriture de celle du dramaturge anglais, à ceci près que le fantôme n’est autre que Zucco lui-même et que cela sème le trouble sur le reste de la pièce. Il y a du Genet, avec une cohorte de personnages interlopes, prostituées, dealers, flics, adolescentes, mères, grandes sœurs. Il y a, également, quelque chose de Meursault en Zucco : il passe sans sembler ressentir grand chose, tue sans état d’âme non un arabe mais sa propre mère, paraît étranger au monde et à lui-même. Il y a enfin un peu de Bonnie and Clyde dans cette cavale sanguinaire. La pièce oscille entre une multitude de registres, du drame, à l’absurde, au burlesque parfois, si bien qu’on ne peut s’empêcher de rire même au plus profond du chaos et du drame : la scène de la prise d’otage est à cet égard exemplaire, l’horreur est en train d’arriver et les témoins de la scène ont un dialogue totalement décalé qui ne peut que faire sourire. Malgré tout

Roberto Zucco est paru en 1990.